Dans le cadre des activités de sa Fondation, le Président Jacques Chirac a visité lrevendredi 3 avril 2009, le Salon Planète Durable, premier salon grand public européen dédié à la consommation durable. Convaincu qu’il convient d’inventer un nouveau modèle de développement, le Président Chirac souhaite, à l’occasion de cette visite, valoriser l’engagement des entreprises dans le développement durable, la lutte contre le réchauffement climatique, le développement du commerce équitable, la lutte contre la déforestation et l’importance de l’éco-citoyenneté.
Organisé pendant la semaine du développement durable, Planète Durable réunit, du 2 au 5 avril 2009, l’ensemble des produits, services et initiatives offrant une réelle plus value sociale et/ou environnementale dans tous les domaines de la consommation courante. De l’habitat à la mode, en passant par les transports, l’alimentation, les énergies renouvelables, les cosmétiques, le tourisme, les services bancaires…, toute l’offre éthique, bio, équitable, responsable sera présente au salon Planète Durable.
Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a appelé jeudi les pays abritant l'ours polaire à se montrer exemplaires dans la lutte contre le changement climatique, principale menace pesant sur l'animal emblématique de l'Arctique.
A quelques jours d'une importante réunion des cinq pays riverains de l'océan Arctique (Etats-Unis, Canada, Russie, Norvège, Danemark), WWF a sommé ces Etats de jouer un rôle moteur dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre au nom des obligations prises pour la survie du plantigrade.
"C'est l'homme qui a créé le problème, c'est à lui de le résoudre", a déclaré Rasmus Hansson, secrétaire général de WWF Norvège, lors d'une rencontre avec la presse.
"Certains de ces pays sont aussi très importants dans la politique internationale sur le changement climatique", a-t-il dit.
Selon des estimations de l'Institut d'études géologiques américain (USGS) et de l'Union internationale pour la conservation de la
nature, les deux tiers des 20 à 25.000 ours polaires vivant aujourd'hui risquent de disparaître du fait du réchauffement planétaire d'ici 50 ans.
Les pays abritant des ours polaires se réuniront de mardi à jeudi à Tromsoe (nord de la Norvège) pour réfléchir à la protection de l'animal face aux menaces apparues depuis 1973, date de signature d'un accord de conservation entre les cinq Etats, à une époque où la seule menace connue était la chasse.
"Personne ne pensait au changement climatique à cette époque", a souligné Thor Larsen, un chercheur qui avait participé à la négociation de l'accord.
M. Hansson a relevé que la réunion de suivi de Tromsoe aurait lieu à "un moment extrêmement important", en amont de la conférence
de Copenhague prévue entre le 7 et le 18 décembre pour trouver un accord post-Kyoto sur le changement climatique.
"Aux Etats-Unis, Barack Obama a envoyé des signaux complètement différents de ceux de l'administration précédente sur le climat", a souligné M. Hansson, qui dit espérer que cette inflexion serait visible à Tromsoe.
Selon certaines estimations, la banquise, le terrain de chasse de l'ours, pourrait complètement disparaître dans l'Arctique en été dès 2020.
"Pas de banquise, ça veut dire pas d'ours polaires. C'est aussi simple que cela", a déclaré l'Américain Geoff York, un ancien de l'USGS, aujourd'hui spécialiste des ours pour WWF.
Selon lui, il n'est pas trop tard pour agir.
"Nous savons que les ours polaires ont survécu à des périodes de réchauffement dans le passé. Nous ne savons pas comment mais si on leur donne assez d'espace, ils s'adapteront autant que cela est possible", a-t-il dit.
"Mais le problème des activités pétrolières, minières et militaires, et celui du transport maritime ne se posaient pas pendant ces périodes de réchauffement", a-t-il ajouté, plaidant pour la retenue dans tous ces domaines.
L’Union européenne n’échappe pas à l’intérêt croissant porté à l’Arctique. Quelques jours après la tenue d’une conférence internationale sur l’Arctique, co-organisée par la
présidence française de l'Union européenne et la Principauté de Monaco, la Commission européenne publie une communication sur le sujet.
Optimiser et harmoniser les recherches sur l’Arctique, c’est l’engagement auquel sont parvenus, le 10 novembre dernier, les ministres ainsi que les représentants des institutions européennes et
des organisations internationales présents à la conférence internationale sur l’Arctique organisée à Monaco.
Si cette déclaration va dans le bon sens, elle est loin d’être suffisante. Les dernières données scientifiques montrent l’urgence d’agir pour protéger l’Arctique : l’Arctique se réchauffe plus
vite que ce que nous le pensions il y a encore à peine un an.
De plus, si le réchauffement climatique porte déjà gravement atteinte à l’écosystème arctique, il représente, bien au delà des
limites de cette région, une source d’emballement du climat qui menace la planète toute entière. Ainsi, le dégel des sols de l’Arctique, particulièrement riches en CO2, entraîne la libération
d’énormes quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. La stabilité des courants océaniques dans leur ensemble est également menacée.
Si l’on veut inverser la tendance, il faut dès aujourd’hui dépasser les constats et passer à l’action : « la science seule ne pourra pas protéger l’Arctique. Seules des décisions politiques
pourront y parvenir », a souligné Neil Hamilton, directeur du WWF Arctique.
Il a également rappelé, à quelques semaines de la conférence de Poznan sur le climat,
qu’il était impératif que l’Union européenne ouvre la voie à un accord international suffisamment ambitieux pour renverser la tendance. C’est là tout l’enjeu du Paquet Energie Climat, qui est
entré dans sa dernière phase de négociations au sein de l’UE. Pour convaincre d’autres acteurs de s’engager sur la scène internationale, l’Union européenne et sa présidence française doivent
viser une réduction de 30% des émissions de CO2 de l’UE d’ici à 2020 et soutenir les pays en voie de développement dans leurs efforts.
Loin d’être un luxe, il s’agit d’ une exigence indispensable si l’on veut éviter l’emballement du climat mondial et rester en deçà d’un réchauffement de 2°C en 2100.
Le 20 novembre dernier, la Commission européenne a publié une communication soulignant
la nécessité de préserver l’Arctique et d’en exploiter les ressources de manière durable. Il s’agit là d’un pas important pour éviter que la région arctique ne soit détruite par la ruée vers les
ressources naturelles qu’elle recèle.
Mais les critères de durabilité ne suffisent pas. C’est pourquoi, le WWF appelle à un moratoire sur le développement de l’exploitation pétrolière tant que la capacité technique à faire face, dans
cet écosystème fragile, à des pollutions accidentelles n’a pas été démontrée.
Autre point d’importance : la gouvernance de l’Arctique.
Tout comme l’avait fait le Parlement européen dans une résolution adoptée en octobre dernier, la Commission européenne appelle à une amélioration de la gouvernance de l’Arctique. « La fonte des
glaces ouvrant la possibilité à l’exploitation des ressources naturelles, les différentes législations régissant l’Arctique ne sont pas suffisantes pour assurer une protection et un avenir
durable de la région. Il faut une approche globale, une gouvernance partagée, en plus de la convention sur le droit de la mer », affirme Neil Hamilton.