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les chroniques d'Istvan

L’Empire du Brésil (1822-1889) - (3)

16 Juillet 2008 , Rédigé par Istvan Publié dans #Histoire


3- Aux côtés de ces deux empereurs du Brésil, il faut également mentionner la princesse impériale
Isabelle de Bragance (1846-1921) qui fut trois fois régente du Brésil (en 1871-1872, en 1876-1877 puis en 1887-1889), avant d’être, également et à partir de 1891 jusqu'en 1921, de jure (mais pour les monarchistes brésiliens seulement...), l’impératrice en exil « Isabelle Ière » du Brésil (1891-1921) : puisque étant l’aînée des enfants survivants de l’empereur Pierre II du Brésil et de sa femme (Marie-Thérèse de Bourbon-Sicile).


Une princesse impériale du Brésil qui avait épousé, à Rio de Janeiro, le prince français Gaston d’Orléans (1842-1922), fils aîné de Louis d'Orléans (Duc de Nemours) et Comte d’Eu (i. e : petit-fils du roi des Français Louis-Philippe Ier). Formant là une nouvelle dynastie : les
Orléans-et-Bragance.


D’ailleurs ce mari français destiné à être prince consort du Brésil - Gaston d’Orléans, Comte d’Eu – allait demander à l’empereur Pedro II la permission de s’engager dans la guerre que livre alors le Brésil contre son voisin, le Paraguay. Le prince reçu alors du souverain le statut de Maréchal de l’Armée. Puis, dans la phase finale du conflit, il assumerait le commandement des troupes brésiliennes, ce qui fut source de préoccupations pour la princesse Isabelle mais surtout d’opposition dans certains cercles brésiliens (dans la mesure où le prince Gaston ne prend pas toujours des décisions militaires très sages...).


En 1871-1872, l’empereur du Brésil Pierre II se rendit en voyage en Europe. Alors, la princesse Isabelle dut assumer la régence à l’âge de 24/25 ans. Et c’est durant cette période qu’est signée la « Loi du Ventre libre », qui donne la liberté aux enfants d’esclaves nés après l’année 1871.

Libérale, la princesse Isabelle soutient alors fermement les partisans de l’abolition de l’esclavage et appuiera ainsi le combat dans ce sens de nombreux jeunes politiciens et artistes. Or, à l’époque, une grande partie des abolitionnistes sont liés au mouvement républicain. Par ailleurs, avec sa cassette personnelle, la princesse impériale soutient l’artisanat des anciens esclaves et appuie également le quilombo de Leblon, qui cultive les camélias blancs, symboles de l’abolitionnisme.

En juin 1887, la princesse Isabelle assume pour la troisième fois de sa vie la régence et décide alors très vite d’en terminer avec le régime esclavagiste. Cependant, sa volonté d’abolition soulève une forte opposition de la part des grands propriétaires terriens (les « fazendeiros ») et les relations de la princesse avec son cabinet ministériel conservateur (et notamment avec le ministre Cotegipe) se tendent.

Néanmoins, la princesse profitera finalement d’une émeute urbaine pour renvoyer ses ministres et nommer un nouveau cabinet ayant à sa tête son conseiller, João Alfredo : la route vers la liberté est dès lors assurée pour les noirs de l’Empire, ce qui lui vaudra par la suite le surnom d’« Isabelle la Rédemptrice ».

Le 13 mai 1888 ont lieu les derniers votes concernant l’abolition de l’esclavage, abolition consacrée par la signature de la « Loi d’Or » (Lei Aurea) qui met fin à l’esclavage au Brésil. Mais, au Brésil, tout le monde ne sera pas aussi satisfait que cela de l’abolition. Le baron (et ministre conservateur) de Cotegipe ne s’y trompe d’ailleurs pas lorsqu’il déclarera à la princesse : « Votre Altesse a libéré une race, mais elle a perdu le trône ».

En effet, un peu moins d’un an après l’abolition, le 15 novembre 1889, la monarchie brésilienne s’écroule : inspirés par les radicaux positivistes et appuyés par les fazendeiros, les militaires déposent le cabinet du vicomte de Ouro Preto et installent une dictature républicaine dans le pays. Et dès le matin du 17 novembre 1889, la princesse Isabelle et sa famille sont donc contraints de quitter le Brésil. Mais, avant de partir la princesse déclare : « si j’avais eu mille trônes, j’aurais donné mille trônes pour libérer les esclaves du Brésil »

Le comte d'Eu (debout, à droite), avec le reste de la famille impériale brésilienne en 1889

En décembre 1891, l’empereur du Brésil Pierre II meurt à Paris et sa fille devient (de jure et pour les monarchistes brésiliens), l’impératrice « Isabelle Ière » du Brésil, souveraine désormais reléguée en exil en France : réfugiée avec sa famille au château familial d’Eu, en Haute-Normandie où elle aura cependant la joie d’apprendre, en septembre 1920, l’abrogation (par le président brésilien Epitacio Pessoa, lors des fêtes du centenaire de l’indépendance du Brésil) de la loi d’exil touchant alors sa famille.

Isabelle de Bragance mourra en 1921 sans avoir pu revoir le Brésil mais y est quand même inhumée puisque ses restes sont conduits au Mausolée Impérial de la cathédrale de Pétropolis, en juillet 1953.

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Commenter cet article

crew 17/07/2008 07:50

toujours ausi interessant;)

Istvan 17/07/2008 10:46


Merci mais tu sais c'est une de mes passions ...alors en plus je me fait plaisir ....